Impressionable Méridionaux

le 11/11/2015 46 partages 0 commentaires

Ha quel enthousiasme en ce mois d’aout 1914 alors que toute la France se mobilisait afin de lutter contre l’ennemi héréditaire Prussien qui 40 ans plus tôt lors de la guerre de 1870 nous avait volé l’Alsace et la Lorraine.

Les Provençaux ne faillirent pas dans ce début de guerre et les régiments furent rattachés au 15e Corps d’Armée, rapidement envoyé sur le front Lorrain, enjeux d'une bataille décisive.

Nos méridionaux étaient comme tous les français, ils partaient avec la fleur au fusil convaincus que l’armée française était supérieure en nombre et en qualité à ces boches barbares.  Il faut dire que la propagande belliciste menait tambour battant ce discours depuis un moment déjà. Rares étaient les intellectuels qui osaient parler de paix et de fraternisations des peuples. Jaurès  le socialiste, fondateur entre autres de la S.F.I.O. continuait à marteler un discours de paix sans grandes écoutes.

 

 

L'assassinat de Jaurès consommé, la clique politique et va t en guerre pouvait préparer la guerre sur son cadavre encore chaud.

La guerre se préparait depuis des mois dans les hautes sphères et c’est finalement l’assassinat de Frantz Ferdinand De Habsbourg , héritier du trône d’Autriche Hongrie, le 28 juin 1914, qui sera le déclencheur de la première guerre industrielle de l’histoire de l’homme.

 

LA mobilisation générale de la France est proclamée le 2 Aout 1914 et c’est en fin de soirée qu’elle arrive en Provence. A partir du 3 les gendarmes iront chercher les hommes qui n’en n’ont pas pris connaissances pour les amener vers les casernes ou ils seront rattachés. Chez Nous : Dignes, Aix en Provence, Marseille, Toulon, Antibes, Nice, Avignon, Nîmes (…). Le 15e Corps d’Armée composé de tous ces régiments doit rejoindre l’Alsace et la Lorraine ou les troupes ont l’ordre de reprendre ce bout de France en priorité.

Le départ se fait le 8 aout, en plein été, après de brèves manœuvres pour une armée composée à majorité de civils.

Un soldat raconte « Tout le long du voyage, à toutes les gares, à tous les arrêts, c'était plein de femmes, de jeunes filles nous donnant du vin, de la grenadine pour nous désaltérer car il faisait très chaud dans ces wagons. »

Nos soldats seront envoyés prés de Morhange en Lorraine. Si les premiers jours de l’offensive sont favorables au camp français et au 15e Corps d’armée, très vite la contre-attaque allemande s’organise. Mieux disposés et renseignés, mieux équipés, ils ne tardent pas à décimer le corps de méridionaux qui doit rapidement battre en retraite.

Le 22 aout un communiqué officiel tombe : En Lorraine nos troupes se replient. En d’autres termes la bataille de Lorraine est perdue. La « légende noire » peut commencer.

Car à cette première défaite il faut des coupables. Et ils sont tout désignés avec ces soldats venus du sud de la France et c’est le Général Joffre qui le dit commandant en chef de l’armée française !!

Au lieu de regarder ce qui faillit dans la chaine de commandement on s’attarde sur ces soldats qui ont eu l’audace de fuir devant l’ennemi.

Les réactions à l’époque sont virulentes et notamment dans Le Matin le 24 aout on pourra lire :

  « La vérité sur l’affaire du 21 août. Le recul en Lorraine. »

«L’inébranlable confiance que j’ai dans la valeur de nos troupes et la résolution de leurs chefs me donne la liberté d’esprit nécessaire pour m’expliquer sur l’insuccès que nos armes viennent de subir en Lorraine. Un incident déplorable s’est produit.

Une division du 15e Corps, composée de contingents d’Antibes, de Toulon, de Marseille et d’Aix, a lâché pied devant l’ennemi. Les conséquences ont été celles que les communiqués officiels ont fait connaître. Toute l’avance que nous avions prise au-delà de la Seille, sur la ligne Alaincourt, Delme et Château-Salins a été perdue ; tout le fruit d’une habile combinaison stratégique, longuement préparée, dont les débuts heureux promettaient les plus brillants avantages, a été momentanément compromis. Malgré les efforts des autres corps d’Armée, qui participaient à l’opération, et dont la tenue a été irréprochable, la défaillance d’une partie du 15e Corps a entraîné la retraite sur toute la ligne.

Le ministre de la Guerre, avec sa décision coutumière, a prescrit les mesures de répression immédiates et impitoyables qui s’imposaient. L’heure n’est plus, en effet, aux considérations de sentiment. Tout le monde doit être aujourd’hui convaincu, du général en chef au dernier soldat, qu’il n’y a en face de l’ennemi, qu’un devoir, que nos aïeux de la Révolution ont su faire accomplir : vaincre ou mourir.

Nous sommes assez forts et assez sûrs de nous pour reconnaître les fautes dès qu’elles se sont commises et avouer le mal aussitôt qu’il apparaît. Nous avons l’inébranlable résolution de réparer les unes et de remédier à l’autre. Aussi bien l’incident, pour navrant qu’il soit, sera-t-il nous en avons la ferme conviction, sans lendemain. D’ailleurs il faut dire qu’il doit être sans influence sur l’ensemble de la manœuvre. Surprises sans doute par les effets terrifiants de la bataille, les troupes de l'aimable Provence ont été prises d'un subit affolement. L'aveu public de leur impardonnable faiblesse s'ajoutera à la rigueur des châtiments militaires. Les soldats du Midi, qui ont tant de qualités guerrières, tiendront à l’honneur d’effacer, et cela dès demain, l’affront qui vient d’être fait par certains des leurs, à la valeur française. Elles prendront, nous en sommes convaincus, une glorieuse revanche et montreront qu’en France sans distinction d’origine, tous les soldats de nos armées sont prêts, jusqu’au dernier, à verser leur sang pour assurer contre l’envahisseur menaçant le salut de la patrie.

A.Gervais sénateur de la Seine ».

 

Clémenceau qui voulait la guerre à tout prix ira même jusqu’à dire :

« …Notre 15e Corps a cédé à un moment de panique et s’est enfui en désordre sans que la plupart des officiers aient fait paraît-il tout ce qui était de leur devoir pour l’empêcher… On connaît la nature impressionnable des méridionaux. Ils sont capables d’aller jusqu’aux extrémités de la vaillance et je suis sûr qu’à l’heure présente, ils ne souhaitent rien tant que de se réhabiliter ; Ce jour-là ils ont déplorablement failli et paraît-il avec trop d’ensemble. Qu’on les encadre et qu’on les mène au plus fort du feu pour leur donner sans retard la chance de réparation à laquelle leur passé leur donne droit! »

Les réactions ne se feront pas attendre de part et d’autres de la Provence pour dénoncer cette abomination politique qui voulait faire de ces enfants de la Provence les boucs émissaires de la défaite. Les maires et députés de la région ont tous voulu restaurer la mémoire de ces braves tombés dans les premières heures de la Grandes Guerres, mort pour rien si ce n’est pour un idéal de la France, sous les ordres de chefs incompétents.

Ils ne cesseront de faire ravaler leurs mots à Clémenceau et Gervais mais en vain le mal était fait…

Tout au long de la guerre et bien au-delà on ne cessera de considérer les provençaux comme des lâches et ils subiront toutes sortes de vexation.

De Nos jours encore des hommes se battent pour réhabiliter le 15e Corps. Les historiens et artistes ne lâchent rien.  Il en va de l’honneur des provençaux et de notre belle Provence.

Il était pour moi obligatoire de vous parler de cet épisode de la Grande Guerre souvent oublié des provençaux eux meme, et qui participe a la réhabilitation de leur mémoires en ce jour d'armistice du 11 novembre 2015 soit 101 ans après leurs sacrifices. 

 

Source : http://www.1851.fr/apres/15e_corps.htm

 à lire aussi : http://passion-patrimoine.luberon.fr/blog-morceau-d-histoire-pertuisienne-special-11-novembre.-35.html

Nicolas Morlot.

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